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C'EST PAS LE TOP

 

1. L’Inconnu du lac, A. Guiraudie

 

 

 

 

 

2. Jimmy P., A. Desplechin

 

 

 

 

 

3. La Jalousie, P. Garrel

 

 

 

 

 

4. Michael Kohlhaas, A. Des Pallières

 

 

 

 

 

5. Inside Llewyn Davis, E. et J. Coen

 

 

 

 

 

6. A touch of sin, J. Zhang-Ke

 

 

 

 

 

7. Camille Claudel 1915, B. Dumont

 

 

 

 

 

8. Lincoln, S. Spielberg/The Immigrant, J. Gray

      

 

 

 

9. Ma vie avec Liberace, S. Soderbergh

 

 

 

 

 

10. Mud, J. Nichols/Snowpiercer, B. Joon-ho

     

 

 

 

11. Django Unchained, Q. Tarantino

 

 

 

 

 

12. La Vénus à la fourrure, R. Polanski

 

 

 

 

 

13. Suzanne, K. Quillévéré

 

 

 

 

 

14. Pacific rim, G. Del Toro/ Star Trek into Darkness, J.J. Abrams

    

 

 

 

15. Spring breakers, H. Korine

 

 

 

 

 

AUTO-ANALYSE

 

Le retour du cinéma français

Il y a dans mon top 10, une nette domination des films français ; c’est une tendance lourde dans ma cinéphilie mais ce n’était pas du tout le cas dans le top 2012[1]. Cependant, aucun des jeunes réalisateurs loués cette année n’est présent. J’ai vu La Bataille de Solférino et La fille du 14 juillet. La proposition de cinéma faite dans ces films ne me parle pas du tout, pire cela m’a longtemps irrité. Si je me trompe en n’y voyant que posture et célébration d’un cinéma de cancre, le temps le dira… Le cinéma français a aussi connu des cancres géniaux.

Un cinéma incarné

Si mon top se distingue particulièrement par l’absence du personnage qui a obsédé la critique cette année, vous aurez reconnu Adèle (je vous renvoie à mon article sur le film), il n’en fait pas moins la part belle aux personnages. Il ne s’agit pas là de faire un classement des meilleures performances d’acteur, mais de reconnaître que certains visages ont marqué mon année de cinéma (Michael Kohlhaas, Llewyn Davis, Lincoln) et certains destins m’ont bouleversée (Liberace, Camille Claudel).

Ceux qui restent

On peut reprocher à ce classement de ne faire que peu de place aux jeunes réalisateurs. Il vient surtout mettre en avant les quelques réalisateurs confirmés qui n’ont pas déçu. La liste des films sortis cette année avait tout pour faire de 2013 une année exceptionnelle au regard des noms représentés. Mais les déceptions furent nombreuses : Paul Thomas Anderson, Wong Kar Wai, Pedro Almodovar, Alfonso Cuaron, Gus Van Sant… Enfin, je reconnais être "handicapée" du Woody Allen: j'ai aimé Blue Jasmine,mais je ne parviens jamais à hisser le réalisateur américain au plus haut. Je travaillerai là-dessus, promis. 

Le cas Spring Breakers

Les filles en maillot de bain d’Harmony Korine auraient pu mener plus haut la folie et la subversion qui manquent sûrement à mon classement. Je me souviendrai longtemps du travelling embarqué dans la voiture lors du braquage, de la danse des trois grâces de la vacuité, de l’exhibitionnisme et du crime sur la musique de Britney Spears, et du visage mélancolique de celles qui rentrent à la maison en car. Mais, je n’ai pas vu Spring Breakers au cinéma, je l’ai vu en VOD sur mon écran de télé, un après-midi, et Spring breakers ne souffre pas la diffusion sur petit écran. Le film se construit en effet sur des images connues du spring break, images répétées à l’infini pour en anéantir toute valeur. Le jeu sur l’image télévisuelle et son montage (la répétition épuisante d’images fait partie du régime normal du montage télévisuel des émissions de téléréalité ou de certains reportages) perd de sa puissance hors de la projection sur grand écran. Cependant, l’image cinématographique existe et marque grandement dans le braquage, dans la représentation nocturne et déjà hallucinée du campus universitaire et dans le massacre final. Là, on comprend la fascination que le film a pu exercer sur les spectateurs des salles de cinéma, plongés dans l’obscurité, le regard happé par les formes fluos des jeunes héroïnes paumées, dont les gestes meurtriers s’étirent indéfiniment dans des ralentis qui tentent de retenir ces instants terribles où elles ont l’illusion de vivre enfin. Des ralentis, figures de la mélancolie d’un spring break qu’on aimerait vivre pour toujours, le spring break comme parenthèse spatio-temporelle qu’on ne veut pas refermer. Si cette mélancolie du vide est particulièrement bien rendue par Harmony Korine, le ralenti se mue aussi en figure de jouissance de l’action (la séquence de la chanson de Britney Spears illustre bien ce passage). Là, dans l’étirement du mouvement (la violence), on ne sait pas toujours si l’objectif du réalisateur est de mettre à jour le désir du spectateur de mieux voir la violence ou celui d’héroïnes exhibitionnistes jusque dans le crime. C’est dans ses choix de formes que le film secoue/séduit/emporte le spectateur de la salle de cinéma et interroge/perturbe/déconcerte la spectatrice sur son canapé.

Gazouillis

2013 aura enfin été pour moi, l’année Twitter. Je m'y suis inscrite pour suivre des institutionnels et des "professionnels de la profession". Mais je suis assez rapidement sortie de ma réserve. L’oiseau bleu chante parfois faux, parfois trop fort pour entonner son amour ou sa haine, et n’a pas toujours le sens de la mesure. Il devient aussi fréquemment rouge de colère au point de m’effrayer un peu. Mais l’oiseau bleu sait aussi chanter juste, varier les mélodies et éclairer les journées de quelques belles notes. Dans cette cacophonie, je tente de trouver l’harmonie la plus juste sur une courte partition, aidée par d’autres musiciens précieux, érudits, passionnés.

 

 

 

[1]

1-Take shelter

1-Tabou

2-Les Hauts de hurlevent
3-Adieu Berthe
4-Faust
5-Amour
6-Holy motors
7-Skyfall
8-Laurence anyways
9-The deep blue sea
10-No

 

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À propos

Céline P.


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Streamiz Filmze 12/04/2014 19:04

Merci pour cet article

Film streaming 10/04/2014 15:27

merci pour les informations que vous m'avez données

Dr Orlof 30/12/2013 09:18

Mon Top pour... 2012

1- Vous n'avez encore rien vu (Resnais)
2- Take Shelter (Nichols)
3- Holy motors (Carax)
4- Tabou (Gomes)
5- Un monde sans femmes (Brac)
6- Adieu Berthe (Podalydès)
7- In another country (HSS)
8- Cosmopolis (Cronenberg)
9- Les bêtes du sud sauvage (Zeitlin)
10- Moonrise kingdom (Anderson)

4 en commun : il y en aura moins en 2013 :) Très joyeuse année à toi et à toute ta famille.

Félix K 30/12/2013 09:05

Merci pour ces éléments d'explications !

Bonne nouvelle année (avec un peu d'avance) à vous.

Félix K 30/12/2013 01:41

Dans l'ensemble, je suis plutôt d'accord avec ce top 15, bien que la présence de Star Trek (que j'ai trouvé cette fois ci très faible) au détriment de Blue Jasmine, par exemple, me semble un peu impromptue. Il s'agit là, j'imagine, de varier les genres et de mettre en avant un cinéma mainstream trop souvent relégué, mais le choix me parait, sinon maladroit, périlleux.
Après rapide lecture du top 2012, je remarque que cette année ne brille pas par son excellence. Un cru en demi-teinte comme vous l'aviez annoncé dans un précédent post : des bons films, certes, mais aucune expérience marquante.

Céline P. 30/12/2013 08:17

Cher Félix K.
Il est très difficile de retracer les étapes de réflexion et d'hésitation qui ont mené à ce classement, qui est de toute façon discutable puisqu'il ME définit avant de définir l'année 2013 au cinéma. Les tops sont d'abord des autoportraits. J'avoue mon problème avec Allen, mais je tiens au film de J. J. Abrams car j'aime sa légèreté, sa naïveté et ses enfantillages. J'aime que dans cette univers de Science-Fiction, il y ait de la place pour le sang, les larmes et la sueur. Enfin, la séquence d'ouverture est splendide.