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JULHO, O CINEMA E EU

09 juillet

Une photo qui me réchauffe encore plus que le rayon de soleil de la couverture…

Merci Vincent.

 

13 juillet

- Oh ! C'est comme dans Les Vacances de Monsieur Hulot !

- Tu as vu ? Elles sont habillées comme Les Demoiselles de Rochefort !

- Valérie Lemercier, elle dansait pas un peu comme ça au truc des Césars ?

- Les enfants, ils ne servent pas à grand-chose dans le film, et l'accent anglais du petit garçon roux, c'est trop nul.

- Le gag du ronflement c'est même pas drôle.

- Je parie que le père va aller voir la fille allemande puisque la mère est avec le producteur italien… Ah ! bah non, même pas.

C'était Les Vacances du Petit Nicolas par Max et Rob.

 

Espérons que nos vacances soient meilleures…

 

15 juillet

L’ami Doc Orlof publie le texte que j’ai écrit à l’occasion des 10 ans de son blog, Le Journal cinéma du Dr Orlof (http://drorlof.over-blog.com). La communauté des blogueurs cinéma m’était presque totalement étrangère avant que je ne crée Critique Clandestine. Ceux que je connais aujourd’hui, comme Edouard (http://nagenocturne.tumblr.com) ou Fred (http://lesnuitsduchasseurdefilms.com), m’épatent par leur curiosité, leurs goûts éclectiques, leur travail approfondi de recherche et d’écriture. Leur intense activité m’interroge aussi sur ma propre pratique du blog : mon irrégularité, ma tendance au texte long et mes publications uniquement consacrées à l’actualité. Jusqu’à la fin de l’été, je continuerai à suivre avec le plus grand intérêt cette grande série orchestrée par (et pour) Doc Orlof dans laquelle se croisent les lecteurs, les blogueurs et les critiques.

 

21 juillet

Un soir, un film. De la musique, des silences, Louis Feuillade, des blancs à combler et des ombres. Rendez-vous à Bray. André Delvaux.

Splendide.

Merci Xavier.

La chevelure d'Anna Karina. La beauté de l'étreinte d'une nuit entre Julien et la mystérieuse servante.

La chevelure d'Anna Karina. La beauté de l'étreinte d'une nuit entre Julien et la mystérieuse servante.

22 juillet

L'Homme qu'on aimait trop: le film qu’on aurait voulu aimer plus. J’aurai pu l’aimer plus, parce que trois scènes disent en musique et en chanson la passion et la liberté dont André Téchiné sait faire preuve. J’aurai pu l’aimer plus car Adèle Haenel y confirme qu’elle est bien « l’Adèle » que je préfère. J’aurais pu l’aimer plus, s’il n’y avait pas eu cette dernière partie judiciaire plate et maladroite dont je ne garderai que la délicieuse coquetterie de Catherine Deneuve dans le jeu appuyé de la vieillesse douloureuse. Quelques jours à peine après avoir vu le film, il ne restera plus grand-chose de ce film pourtant vif dans ses couleurs, sa lumière et ses mouvements. Je ne l'ai pas assez aimé.

 

26 juillet

Portugal. Achat de DVD (les éditions et les prix sont intéressants). Cette année, je jette mon dévolu sur Tabu de F. W. Murnau, L’Atlantide de Feyder, Cabiria de Giovanni Pastrone et Requiem d’Alain Tanner. Je craque aussi sur une jaquette de DVD à la manière des premiers numéros des Cahiers du Cinéma. Il y est inscrit « Nouvelle Vague, primeiros filmes ». Avec Charlotte et son Jules, Une histoire d’eau ou encore Le Coup du berger, on trouve Le Laboratoire de l’angoisse, un court métrage de 1971 de Patrice Leconte. L’intrus intrigue. Une vérification s’impose. Le film est un sketch sympathique… qui n’a évidemment pas sa place dans ce DVD.

JULHO, O CINEMA E EU

27 juillet

La Planète des singes : l’affrontement, ou plutôt Planeta dos macacos : a revolta.

Je n’aime pas la chaleur, ce qui est un problème quand on se rend au Portugal chaque été. Alors depuis plusieurs années, lorsque le thermomètre affiche plus de 30°C, je trouve refuge dans les salles obscures de Braga. Flash-back sur l’une de mes premières séances :

 

“C’était un jour de juillet et il faisait 41°C à l’ombre. Impossible de se promener, de parcourir les routes du Portugal ou même de lire les Cahiers du Cinéma d’été consacrés aux séries TV à l’ombre d’un oranger. L’été n’est pas réputé pour être la saison du cinéma - les vacances proposent des vues panoramiques plus réelles et plus saisissantes que celles des blockbusters estivaux – mais quand la chaleur s’abat sur le cinéphile comme une chape de plomb, il ne lui faut pas longtemps avant d’envisager la fraîcheur de la salle obscure comme l’unique salut. Alors, ce jour de juillet caniculaire, je décidai de parcourir les pages culturelles du Diaro do Minho à la recherche de quelques heures d’images et de sons climatisés. Il n’y avait pas beaucoup de choix : les films portugais, rares, me sont inaccessibles ; les films français, rares eux aussi, sentaient le « déjà-vu ». Ne restaient donc que les films américains. Les options étaient au nombre de trois :

  • American Trip : « une comédie américaine sous-titrée en portugais : un vrai casse-tête linguistique ! »
  • Night and Day : « Tom Cruise, euh…ben non alors »
  • Inception : « Christopher Nolan…avant la sortie française ! Et le film dure 2h38 ! ok »

Le film était donné dans un multiplexe d’une grande ville du nord du Portugal à raison de six séances par jour, la dernière démarrant à minuit ; j’optai pour la séance de 21h30 (fidèle à mes habitudes nancéiennes).

C’était un soir de juillet et il faisait encore 35°C à l’ombre et 45°C dans le parking souterrain du centre commercial dans lequel se trouvait, contre toute attente, le multiplexe. Sortie de cette fournaise, je commençai à arpenter les allées de ce centre pareil à un mall américain quand je m’aperçus que les boutiques étaient ouvertes et que tout le monde se restauraient au dernier étage sans se presser. On m’expliqua que dans ce monde à part, on consomme jusqu’à minuit chaque jour de la semaine. J’arrivai au multiplexe ZON, drôle de nom et drôle d’endroit. Certes, j’y retrouvais le placement de spectateurs assisté par ordinateur, l’accueil hyperglycémique de nos complexes mais sous une enseigne qui ne correspondait pas aux UGC et autres Kinépolis mais à Numéricable ou à Orange.

C’était une nuit de juillet et il faisait un agréable 25°C dans la petite salle allouée à la projection d’Inception. Après avoir subi le flot habituel de bandes-annonces gonflées aux hormones (The Expendables) ou à la 3D (Harry Potter), un message à l’adresse des spectateurs s’est alors inscrit à l’écran : il martelait en grosses lettres des règles de comportement qu’on adresse davantage à de jeunes spectateurs novices (éteindre le portable, ne pas salir la salle, ne pas poser les pieds sur les fauteuils, ne pas parler…). La séance commença enfin : 2h38 de film en anglais sous-titré en portugais…Ou plutôt 1h20, dix minutes d’entracte, et 1h18 !! L’entracte fut d’une violence inouïe : fin de bobine, fin de la première partie de la séance sur une des premières séquences de tension et d’explication sur l’histoire du héros et de son épouse. La lumière se ralluma avec la plus grande brutalité et le visage de Marion Cotillard laissa place à un compte à rebours égrainant les minutes laissées aux spectateurs pour passer leur coup de fil ou pour se réapprovisionner en pop-corn. Alors que chacun s’agitait ou commençait déjà à discuter d’un film à moitié-vu, je restais comme figée par cette rupture non-annoncée. Il fut compliqué de replonger dans le film, dans ce film ; avec un autre cela aurait sûrement été impossible… Quand les lumières se rallumèrent enfin, j’étais un peu comme les personnages du film qui croisent Dom Cobb, privée d’une part du rêve espéré.”

 

C’était en 2010. Depuis, je me suis à peine habituée à cet entracte qui me fait toujours sursauter. Cette fois, la lumière s’est rallumée au moment où la réactivation du barrage ramène l’électricité dans la station-service, une coïncidence malheureuse qui est venue briser l’émotion de la séquence. Il me faudra donc revoir le beau film de Matt Reeves. A suivre...

JULHO, O CINEMA E EUJULHO, O CINEMA E EU

30 juillet

Il fait chaud, encore. Je cherche une séance dans les pages du Publico. Le quotidien donne les horaires de 31 cinémas répartis dans une bonne moitié nord du Portugal. Sur ces 31 cinémas, 16 sont des multiplexes NOS (ex-ZON). Les sorties de la semaine sont The Immigrant, Sextape, Snowpiercer et Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu?. J’imagine d’abord revoir le film de James Gray ou celui de Bong Joon-ho, mais le premier n’est projeté que dans deux salles et le second, diffusé dans quatre salles trop éloignées.

Ce sera donc Sex Tape. Le plaisir de voir un film qui n’est pas encore sorti en France ne durera que quelques minutes, car ce film, tout le monde l’a déjà vu! On a déjà tous vu l’attendrissant postérieur légèrement mollasson de Jason Segel, et son jeu gesticulant n’est plus une découverte pour personne. On a déjà tous vu ces scènes de départ à l’école avec “joie dans la voiture” et ces scènes de salle de bain où mari et femme se croisent dans l’indifférence (Merci This is 40!). Déjà vus aussi les objets hétéroclites qui interrogent sur la nuit agitée passée (Very bad trip) et l’animal hostile s’attaquant furieusement au héros et qu’il faut combattre avec les moyens les plus fous (au hasard, Mary à tout prix). Je pourrais continuer ainsi la liste des “déja vus”, mais le coeur de l’échec du film n’est finalement pas là. En effet, Jake Kasdan ne se contente de la compilation, il joue aussi sur un comique d’accumulation fastidieux car particulièrement mal maîtrisée. De la longue séquence des essais infructueux à celle de la révélation du contenu de la vidéo, le comique des situations ne cesse de s’étioler jusqu’à l’ennui. Et puis que dire de la fin, de cette réintégration des enfants au récit et avec eux, des responsabilités, de l’amitié et de la tendresse... Quand la sex tape s’efface, le sexe aussi. Fuck!

 

31 juillet

Puisque c’est une “étrange affaire”, il convient d’enquêter et, plus précisément, d’enquêter sur le terrain. Dans le découpage (publié en 1998 par les Editions Dis voir) de ce qui est alors pour Manoel de Oliveira le film “qu’on ne m’a pas laissé faire”, on trouve des photographies prises par le réalisateur des lieux choisis pour le film. Ces photographies datent de 1998 et témoignent d’une manière particulièrement émouvante de l’attachement que le cinéaste portait à cette histoire née en 1952. J’ai déambulé d’une rive à l’autre du Douro. J’ai traversé Peso da Regua, la moderne et Godim, l’intemporelle. J’ai emprunté le long chemin bordé de vignes qui mène à la Quinta das Portas; la grille était fermée. J’ai marché sur les pas d’Isaac éperdu avant qu’il ne s’écroule dans un champ d’oliviers. J’ai entonné le chant des ouvriers à l’approche de la vigne. Derrière les portes fermées du domaine et de l’église Angelica gardera nombre de ses secrets, mais l’impression d’avoir prolongé le temps infini de ce chef d’oeuvre en en ayant traversé les lieux soixante ans après la fin de l’écriture du découpage me bouleverse un peu.

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FredMJG 06/08/2014 11:54

On a TOUT vu de Jason Segel. Quand est-ce que ce grand fou va rencontrer son Blake Edwards ?!

Céline P. 06/08/2014 11:57

Chouette idée!!! :)