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JANVIER 2017

Du petit au grand écran, 20 films ont été vus ce mois-ci. Puisque la mémoire flanche parfois et qu’on ne souvient plus très bien, il faut revenir au bloc-notes. On tentera de ne pas l’oublier dès le mois de février.

 

01 janvier

Pacific rim. A côté de moi, la jeunesse se prend au sérieux et se moque de la légèreté du scénario et de la transparence des personnages. Pendant ce temps, je retourne en enfance. Les Jaeger sont ces petits jouets qu’on imagine gigantesques tout en se projetant minuscule en leur sein pour les conduire. Le sens du plan et la maîtrise du mouvement de Guillermo del Toro permettent de ne jamais oublier le rapport à l’échelle humaine. De même, la destruction et le combat (à mains analogiques ou numériques) des monstres de métal ne s’affranchissent jamais de la gravité. Ainsi, si les personnages sont grossièrement esquissés, si la romance prête à sourire, le destin tragique des Jaeger promis à la casse, lui, pèse lourd. Du port de Hong-kong jusqu’aux profondeurs de la brèche, à genoux ou à terre, ce sont des géants de fer hauts-bas-fragiles.

 

03 janvier

La Jeune fille sans mains. Tout se fait et se défait, mais la vie s’accroche malgré tout. L’ambition, la vénalité, le mensonge et la violence sont autant de menaces de disparition pour la jeune fille perchée dans le pommier en fleurs. Il suffit d’un trait plus large, d’un coup de pinceau différent pour que son corps, malmené par son père et un diable mutant, se transforme en silhouette brouillée, abîmée, mais toujours mouvante.

Tout se fait et se défait, mais rien n’est achevé. La rencontre inédite et constamment renouvelée de l’inachèvement du dessin avec la magie du mouvement, figure de manière bouleversante la quête d’émancipation du personnage féminin. La jeune fille fuit les ornements figés de la chambre offerte par le père et oppose aux représentations de la guerre qui ornent le château, les ondulations infinies de son corps de femme et de mère. Dès lors, les mains d’or dessinées par le prince amoureux apparaissent comme de vains ornements, trop rigides, que la jeune fille finit par abandonner aux courbes ondoyantes de la déesse de la rivière. C’est sans mains qu’elle élèvera son enfant et plantera les graines du nouveau monde, loin de la violence des hommes. Finalement, lorsque le prince revient, le vertige de colère et d’amour submergent la jeune fille au point d’en effacer le visage. Cependant, si le trait disparaît, il reste toujours la trace, celle de la hache, de l’innocence perdue et de l’amour qu’elle accepte d’accueillir à nouveau. Alors, tout se fait et se finit autour de ce corps enfin libéré, abandonné au mouvement de la danse, en pleine lumière.

JANVIER 2017

07 janvier

J’avais oublié qu’il était un survivant malgré lui, un homme qui avait préféré renoncer à la vie plutôt que de survivre estropié. J’avais oublié l’acte suicidaire inaugural, la récompense transformée en retraite jusqu’aux limites du territoire, le suicide du major et les bras ensanglantés de Dressée avec le poing. John Dunbar, l’homme qui fuit la fureur du monde, est finalement condamné à attendre que celle-ci le rattrape pour s’abattre sur lui et ceux qui l’ont petit à petit entouré. Si le film prend tout le temps d’observer, d’approcher et de consigner, c’est que tout va disparaître. John Dunbar arrive (et s’en va) trop tard. La mélancolie mortifère du film me saisit plus qu’hier. Les crépuscules sont plus sombres aujourd’hui.

 

08 janvier

Il m’est souvent arrivé de louer la délicatesse d’un geste de cinéaste. Souvent, cela sous-entend une certaine attention aux personnages, une façon d’en dessiner les traits sans en surligner les contours, parfois même en s’effaçant derrière leur destin fragile ou contrarié. A la sortie de la séance de Diamond Island, j’ai cru voir en Davy Chou un nouveau cinéaste de la délicatesse, mais il n’en est rien.  Dans l’écriture du récit initiatique du jeune Bora, comme dans les images acidulées du jour et fluorescentes de la nuit, il y a autre chose… la présence d’un cinéaste prévenant. Son formalisme assumé le rend audacieusement présent. Pourtant, ni les mouvements aériens du drone qui accompagnent les ballades à motos des jeunes gens dans le quartier en mutation, ni les plans composés et graphiques, ni même le split-screen des amoureux, n’agissent comme des cadres contraignants pour les personnages.

En suivant l’élan d’une jeunesse dont les rêves en images se muent souvent en mirages (la vidéo promotionnelle du nouveau quartier, les Etats-Unis, l’Egypte, la lumière bleutée des téléphones portables qui éclairent le visage des filles), Davy Chou mêle onirisme et virtualité sans oublier que, pendant ce temps, les bâtiments s’élèvent et l’ombre s’étend sur les jeunes habitants de l’île de diamant. Dans ce lieu où la violence et la solitude sourdent constamment des espoirs, les trajets sont souvent en boucle (du chantier aux manèges jusqu’au pont qu’on ne traverse pas). Si le circuit est parfois l’occasion d’une parade d’amour, il dessine aussi l’horizon restreint qui s’offre à Bora. Cependant, même si le grand frère disparaît dans un travelling avant qui laisse Bora seul, la lumière douce du matin parvient encore à passer entre les immeubles en construction. Tout en s’accrochant au point de vue (la scène de la leçon de conduite) et aux sensations (notamment grâce au son) du jeune garçon, le cinéaste parvient à trouver la juste distance, celle qui ne brusque pas la jeunesse qu’il filme. Le geste du cinéaste prévenant s’inscrit particulièrement dans les plans larges qui saisissent les tensions des corps (entre les deux frères/au sein du groupe) ou la douleur de la perte. Finalement, c'est sûrement parce que rien n'éclate mais que tout affleure, parce que rien ne se taille, mais tout que s'effleure, que ce diamant-là brille – de jour comme de nuit - du plus bel éclat: celui d’une larme ou d’un sourire. 

JANVIER 2017
JANVIER 2017
JANVIER 2017
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15 janvier

J’ai vu Loving.

 

17 janvier

The Fits. Alors que je redoutais un petit peu le surgissement de l'uniforme, lorsque celui-ci apparaît - étincelant et doré - et qu'il s'anime du mouvement de toutes les lionnes, je reste ébloui par la solidarité qu'il révèle. Cette solidarité puissante et légère, comme les tresses de Toni qui volent dans l'air, s'impose face à tout ce qui pèse autour. La grâce a gagné le combat.

JANVIER 2017JANVIER 2017

21 janvier

Le Parc. D’abord, il y a l’émerveillement des premières images : les plans-séquence fixes et larges et le plaisir du fortuit dans un cadre méticuleusement choisi. Puis, il y a un parcours discontinu qui établit une universelle cartographie du sentiment amoureux. Des allées fréquentées du parc aux zones boisées, les variations autour des premiers balbutiements du désir (paroles et gestes) ont le charme des premières fois du cinéma des origines. Bien que la séduction opère moins dans des plans rapprochés qui invitent un peu trop brutalement à réévaluer la maladresse des amours adolescentes en hésitation des jeunes acteurs, Damien Manivel parvient à faire du parc le lieu de l’enfance de l’art, de l’amour et du jeu. Alors que le jour baisse et que le vent transforme les arbres en créatures mutantes, un long plan-séquence sur Naomie confrontée à l’absence et au rejet met fin à l’éveil trop fragile de la première partie. Le surgissement d’un onirisme obscur et artificiel signe la disparition du lieu des possibles, le début des regrets (revenir en arrière) et la fin de l’enfance. Du rêve au désenchantement, il n'y a qu'un pas... à l'envers.

 

22 janvier

Portman-Larrain, c’est un face à face des performances vertigineux. En exposant le visage de l'actrice en larmes, il donne à voir le bouleversement d'un personnage et la maîtrise extrême de l'art de celle qui l'incarne. Impossible de se joindre aux pleurs, le spectateur est alors trop loin et trop proche. Cependant, à cette distance troublante, il est possible de percevoir à travers les images officielles reconstituées avec minutie, derrière les tissus des tailleurs, sous les tapis épais et les meubles cirés, le destin d'une actrice de premier plan poussée vers le hors-champ de l'histoire après la mort de son partenaire et qui tente dans la douleur et le doute, d'écrire et de mettre en scène sa disparition.

JANVIER 2017
JANVIER 2017
JANVIER 2017

29 janvier

J’ai revu Loving.      

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Céline P.


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