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SEPTEMBRE, LE CINEMA ET MOI

01 - 30 septembre

La rentrée est là. Joachim Lepastier l’annonce sur un réseau en publiant un lien vers le film de Jacques Rozier, Rentrée des classes. En cette veille de reprise, je suis un peu dans le même état d’esprit que René ; je n’ai pas fait mes devoirs de vacances, j’ai profité de chaque minute. Mais, je n’ai point de Susu dans mon entourage pour m’aider – plus ou moins bien - à rattraper le temps perdu. Surtout, sur mon chemin, il n’y a aucune rivière qui pourrait m’offrir l’occasion d’une merveilleuse journée d’école buissonnière. Durant ce mois, je tenterai tout de même des échappées vers les salles obscures, qui seront le plus souvent des échecs. A chaque sortie de séance, la réalité m’aura attendue au coin de la rue pour me rattraper aussitôt, terrassant par exemple l’extrême singularité de L’Institutrice de Nadav Lapid. Terrible mois de septembre.

 

08 septembre

Arte diffuse Les Amants du Pont-Neuf de Léos Carax. Flash-back. Octobre 1991, je découvre ce film dans un cinéma qui n’existe plus aujourd’hui. Profitant des derniers instants du cinéma permanent, je vois le film deux fois de suite. Je cherche alors un film pour écrire ma première critique. 

SEPTEMBRE, LE CINEMA ET MOI

15 septembre

Je tombe par hasard sur L’Eau à la bouche, premier long métrage de Jacques Doniol-Valcroze, réalisé en 1959. La représentation quelque peu sulfureuse du désir sexuel, les cadres soignés et la présence lumineuse de Bernadette Lafont, ne suffisent pas malheureusement pas à sauver totalement ce marivaudage bourgeois assez vain, dont les personnages principaux sont brossés de manière trop superficielle, figés dans leur élégante oisiveté. Il est tout de même un chef d’œuvre qui se nomme L’Eau à la bouche, c’est la chanson de Serge Gainsbourg.

17 septembre 

Netflix arrive ! Le géant américain de la VOD monopolise toutes les conversations. On s’inquiète, on critique déjà le catalogue, on profite du premier gratuit ou on jure de ne jamais céder. Je me souviens alors que j’ai un accès illimité à Canalplay… sur mon téléphone portable!

Expérience :

1) Choisir son film. Catalogue. Comédie. Confessions d’une adorable emmerdeuse, Danny la terreur, Ecole Paternelle 2… Les affiches me font craindre le pire. Chantons sous la pluie, Le Magnifique, Les Monstres… Impossible à envisager, même sur mon écran de 6.3 pouces. Adventureland, de Greg Mottola. Je valide mon choix.

2) Choisir sa place. Le canapé du salon est mon premier choix, mais au bout de cinq minutes, la présence du grand écran de télévision devant moi me dérange. C’est tout de même assez ridicule. Je m’allonge sur le lit, certaine de m’endormir dans quelques minutes. Le film commence et, avec lui, la vaine recherche de la bonne position. L’écran doit être face à moi, je ne peux me résoudre à surplomber l’image. Je veux le Cinématographe, pas le Kinétoscope.

3) Tenir un film dans ses mains. La taille de l’image ne me dérange pas autant que je l’aurais cru. Je suis bien plus gênée par mes mains sur les bords de l’écran. L’obscurité de la chambre, la position inédite, et la solitude devant ce très petit écran me rappellent la visionneuse d’images de mon enfance. Je regarde le film jusqu’au bout et suis d’ailleurs assez charmé par le film et son acteur principal (Jesse Eisenberg). Mais le lendemain matin, je ne me souviens que de cette difficile quête de la position idéale face à l’image, des coussins qu’il a fallu sans cesse redresser et des fourmillements dans les mains au bout d’une heure.

 

18 septembre 

Le pire et le meilleur. Le pire est sur grand écran. C’est le cinéma réduit à la fonction « google images », la connaissance contenue dans une clé USB et le voyage dans le temps effectué dans un siège de bureau. C’est la laideur, la bêtise, le cynisme et le mépris. Le pire s’écrit en quatre lettres : LUCY.

Le meilleur est sur l’écran de mon téléviseur. Il sera bientôt sur dans mon lecteur de DVD. P’tit Quinquin n’est pas une série, mais un film magistral de 3h20 dont je parlerai plus tard.

 

SEPTEMBRE, LE CINEMA ET MOISEPTEMBRE, LE CINEMA ET MOISEPTEMBRE, LE CINEMA ET MOI
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22 septembre

 

« Je reconnais que tu es un homme cultivé, honnête, juste, intègre. Mais tu utilises ces qualités pour étouffer les autres, les rabaisser, les humilier, les écraser. Ta grande morale te sert à haïr le monde entier. Tu détestes les croyants, parce que croire, pour toi, est un signe d’archaïsme et d’ignorance. Tu détestes les non-croyants, parce qu’ils n’ont ni foi, ni idéal. Les vieux te paraissent réactionnaires, les jeunes, iconoclastes. Qui trouve grâce à tes yeux ?... Si pour une fois, tu pouvais défendre une position qui te soit inconfortable ou éprouver un sentiment qui ne te flatte pas. Mais ce n’est pas possible. »

Nihal à Aydin

Winter sleep. Quand le champ/contre-champ manifeste une rupture ancienne ravivée par un dialogue d’une violence inouïe, le raccord devient la plus douloureuse des cicatrices, celle qui s’ouvre à nouveau. Les mots sont chargés de deux années de désillusion et de désamour. Chacun dans son cadre tente de toucher l’autre, de le blesser encore. Evidemment, cette douleur m’atteint. Pourtant, je n’écrirai rien sur le film de Nuri Bilge Ceylan. Sa virtuosité et sa cohérence absolue en font pour moi un objet qui ne semble se prêter qu’à l’admiration muette. Quelque chose m’a touchée et pourtant, aucun dialogue ne se noue entre le film et moi.

 

SEPTEMBRE, LE CINEMA ET MOI

27 septembre 

Near Death Expérience. Michel Houellebecq est face à trois monticules de cailloux qui représentent sa famille, il leur adresse un long monologue, pendant que derrière la caméra - en équilibre instable sur le relief accidenté du lieu de tournage - le cadreur, le preneur de son et les deux réalisateurs jouent à la belote. C’est un plan séquence fixe interminable. Il prend fin lorsqu’à la fin de la partie, l’un des réalisateurs hurle « Saute ! ». Michel Houellebecq s’exécute alors, dans l’indifférence générale. Comment ça, ce n’est pas le résumé du film !?! Pourtant, je vous jure que c’est ce que j’ai vu.

 

28 septembre 

Quand lâche-t-on la main de son enfant pour le laisser aller seul vers les films ? Parce qu’elle réclame l’émancipation cinéphilique, j’ouvre une discussion sur Facebook. Les souvenirs sont précis (le film, la salle, l’âge et même le prix de la séance) et tous chargés d’une émotion particulière, quel que soit le film. C’est décidé, elle aura bientôt droit à son « Aventure intérieure», seule.

 

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Céline P.


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